Quoi de bon ? – Épisode 2

Je ne pensais pas avoir franchement besoin de merguez dans ma vie, mais force est de constater que les-dites merguez véganes de Wheaty fraîchement rapportées du salon Veggie World pour faire plaisir à l’inséparable m’ont démontré le contraire : les substituts carnés, c’est la junk food du végétarien, et ça couvre l’intégralité des apports quotidiens recommandés (AQR) en plaisir coupable.

Quand on commence à prendre le pli de faire mariner ses noisettes la veille pour en faire son lait végétal maison mais qu’on peine encore à anticiper sur le trempage des pois chiches, sans se décider toutefois à en acheter des bocaux, il n’est pas si déplaisant de pouvoir jeter trois saucisses dans une poêle avec un peu d’huile, complètement à l’arrache et sans aucun scrupule, et de manger le tout avec du pain et/ou de la semoule et du ketchup 4 minutes plus tard.

Il y a aussi un aspect culturellement très rassurant à retrouver une assiette centrée plutôt que multipolaire, dans un univers géostratégique déjà si instable. La joie de retrouver le « saucisse-purée » dans un monde de « riz long de Camargue semi-complet – lentilles vertes du Puy – carottes – panais – poireaux – curry – lait de coco – gomasio – guacamole ». La bonne vieille et simple guerre froide.

Froides, les merguez véganes ne l’étaient pas, puisqu’elles ont très bien pris sur leurs deux faces cette petite couche carbonisée craquante caractéristique de la saucisse. Texture au poil, parfum relevé, elles ont convaincu mon gourmet – et omnivore – d’inséparable.

Puisqu’on parle de lait végétal, parlons-en : depuis que j’ai étrenné l’étamine achetée chez Vivre-Mieux selon la recette de Marie Chioca dans son dernier livre, je suis complètement accro. A tout. À la boisson, évidemment, testée pour l’instant en version amande et en version noisette, au concept, à la simplicité du truc, aux cookies à l’okara de Marie Chioca, et par dessus tout, à un stigmate culturel complètement ridicule : je ne me lasse pas du moment où je verse dans ma bouteille en verre ce grand litre de liquide lacté et opalescent. J’ai l’impression d’être une fermière et de prendre soin de je ne sais trop quoi, d’ailleurs, mais d’en prendre soin. De mes vaches, de la nature, de la vie, qu’importe ; j’en déduis surtout que la stratégie publicitaire globale de l’industrie du lait est absolument incroyable, pour avoir réussi un tel formatage dans notre rapport à ce liquide. Du verre de lait quotidien à l’école instauré par Pierre Mendès-France aux produits laitiers, nos amis pour la vie : chapeau. Et comme l’écrivait un camarade dans une dissertation il y a quelques années de ça maintenant : le lait végétal, véritable option ou pis-à-lait ?

Des assiettes multipolaires, il y en eut aussi beaucoup, avec ce délicieux curry japonais de Mathilda et un dal-bhat indonésien chopé dans le livre Je choisis les protéines végétales du Dr Lylian Le Goff. Deux plats adoptés à l’unanimité, réconfortants comme il faut, et deux façons de cuisiner les légumes que je ne connaissais pas encore : la pâte de curry de Mathilda est très intéressante, et l’idée du Dr Le Goff de faire dégorger les légumes avec du sel et des épices avant cuisson me paraît fûtée. Ne riez pas, j’explore. J’ai aussi découvert un mode de cuisson du riz Japonica grâce à Mathilda ici, et c’est sublime. Chaque grain est légèrement collant par rapport à ses petits camarades, tout en restant ferme et parfumé. Un mondain capricieux, en somme.

Depuis que j’ai lu dans Veggivore, dont je vous ai déjà parlé ici, qu’on pouvait transformer son vieux pain en chapelure, j’ai une autre nouvelle passion qui consiste à ne pas jeter nos restes de pain. Vous verrez, c’est extrêmement satisfaisant.

Et je me suis donc mis en tête de recycler tout ça, sous l’oeil très suspicieux de l’inséparable.

Chapelure, donc, étrennée autour de mes premières boulettes, inspirées de cette recette, mais aussi premier pudding, selon cette méthode de Green Cuisine, un peu adaptée au contenu du mon placard. Petit, petit effort et gros, gros, gros succès, d’autant que j’y ai utilisé mon premier lait végétal maison, décliné à l’amande.

Quant au lait de noisette, il est passé en divin porridge de chia, d’une fraîcheur éblouissante et toujours made in Marie Chioca, et en riz-au-teff, une variante éthiopisante du riz-au-lait proposée par Marie Chioca dans ses Céréales originales et savoureuses légumineuses, que j’ai personnellement trouvée très réussie, mais qui n’est sans doute pas, il faut l’avouer, adaptée aux palais les moins aventureux. S’agissant d’aventure, la cuisson de la chose mérite quand même son pesant de sorgho : on noie 250 g de teff, des petites graines brunes fines comme du pavot, dans un litre et demi d’eau et de lait, plouf, on chauffe, on attend, on s’angoisse, on prévient ses invités qu’au pire on mangera des glaces, on touille, on lève un sourcil, on monte le feu, on perd espoir, on manque d’abandonner, et d’un coup, bloup, le bazar gonfle et absorbe tout. Heureusement que j’ai une confiance totale en Marie, sinon je n’aurais peut être pas tenu la pression.

Cuisine du placard toujours, avec un cake aux olives noires, farine de châtaigne aux écorces de citrons confites par Cléa, juste dingue, repérée dans son livre Veggie en fonction de ce que j’avais en stock. Quand j’ai envie de cuisiner mais pas de faire les courses (le contraire m’arrive rarement), je pioche systématiquement dans Veggie, et c’est toujours un sans faute.

Dans la famille innovation radicale, j’ai fait mon premier guacamole, selon la recette marine d’Absofruitly. Ne riez pas, vous dis-je, j’ai une telle passion pour les avocats à la coque (avec de l’umeboshi, merveille salée/acide des merveilles salées/acides), que je n’avais jamais pensé à les écraser. Hé bien le guacamole, c’est une très bonne idée, n’oubliez pas d’y penser.

Et dans toutes ces configurations exploratoires et adaptatives, le clou du spectacle reste, aux yeux de l’inséparable, la fournée de montecaos du dimanche matin, selon cette recette-là, qui est parfaite pour lui. Le biscuit le plus simple du monde.

Entre ça et les knackis véganes Taifun rapportées aussi de Veggie World, je crois qu’il va être épaté par mes talents de cuisinière.

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3 Responses

  1. Deborah

    Je suis hyper contente que tu aies mis un lien vers mon blog parce que du coup j’ai découvert le tien, et c’était, pour tout te dire, la meilleure chose de mon samedi (ma journée ne pouvait pas se terminer sur Gremlins 2, ce n’était PAS possible).
    J’ai hâte de lire tes prochaines notes !

    Like

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