Déclic.

Cela fait des mois que je pense à ouvrir un blog.

J’ai eu des tonnes de motivations.

J’ai eu envie de vous raconter des recettes de cuisine, des végétariennes, des légères, des voluptueuses, des réconfortantes, des hommages, des révolutionnaires, des mitigées, des inratables, des raffinées, des tous publics.

J’ai eu envie de vous parler de maquillage, de palettes parfaites, de couleurs chatoyantes, de ruptures technologies, de formulations innovantes, de compositions épurées, d’huile et d’eau, de micas et de silicones, de poudres crémeuses, de nuances rares, de textures sensuelles, de matière brute, de traits et d’estompes.

J’ai eu envie de vous peindre des parfums, fantasmes d’ambre, ouds lascifs, réglisses sucrées, roses obscènes, encens poivrés.

J’ai eu envie de vous décrire les restaurants, les rares, les ébouriffants, les guindés, les surpayés, les mémorables, les parfaits, les émouvants, les réguliers, les exotiques, les bouts du monde, les du quartier.

J’ai eu envie de vous lire des livres, bouleversants, hypnotisants, longs, drôles, poétiques, légers, surdoués, lumineux, interminables, anecdotiques, inoubliables.

J’ai eu envie de vous donner envie de courir, de marcher, de vous étirer, de faire du yoga et de la pole dance, de la barre au sol et du pilates.

J’ai eu envie d’évoquer avec vous des sujets graves, sérieux, révoltants et sombres.

J’ai eu envie de vous raconter tous mes petits pas vers une vie plus slow, rien qu’un peu plus slow et par tout petits pas, moi qui ai été si passionnément fast.

J’ai eu si souvent envie de partager des choses avec vous.

Et vous voudriez que je vous parle du déclic ? Le déclic qui vous emmène sur WordPress acheter un .com, vous qui n’avez jamais rien publié sur aucun réseau ?

Un burger. Un simple burger sans prétention. Magnifique et végétarien.

On voulait dîner vers Saint-Germain avec mon inséparable et le resto japonais branchouille que nous avions dans notre viseur était blindé. Il faisait froid. On a erré. On a tergiversé. On a demandé son avis à Tripadvisor. Il ne nous a pas convaincus. Alors un peu par dépit, on a franchi la porte d’un resto hipster sauce rive gauche spécialisé dans le burger et baptisé Maison. J’avais dit oui : ils en avaient un végétarien, sobrement baptisé « Veggie ».

J’avais hyper faim.

J’ai quand même pris l’accompagnement crudités, parce que j’avais pour projet de piquer discrètement des frites à mon voisin d’en face. (Quand elles viennent de son assiette, c’est lui qui grossit. Non ?)

On a reçu nos burgers dans un papier posé dans une assiette creuse, sans couverts, ambiance le zéro zéro six s’encanaille. On a demandé des couteaux et des fourchettes, parce qu’on avait un costume, un tailleur et une dignité à préserver des taches.

Si je n’avais pas eu si faim, j’aurais sans doute trouvé un peu pénible de devoir couper mon burger dans une assiette creuse. Et puis les convives des tables voisines, très proches, ont été bien aimables de ne pas râler à chaque coup de coude.

Mais tout ça, vous voyez, je n’y pense que maintenant, en me refaisant le film.

Parce que sur le moment, j’étais beaucoup trop submergée.

L’option petit joueur, quand vous proposez un burger végétarien, c’est de coller un steak de soja industriel entre deux tomates dans un burger conventionnel. C’est déjà bien. En tout cas, c’est déjà appréciable.

Ce qu’a compris Maison, c’est un principe hyper fondamental en cuisine végétarienne et végétalienne : quand on copie un plat carné, il faut reproduire le plaisir qu’on y cherche. Donc, pour un burger : du gras. Du chaud. Du fondant. Du salé. Du sucré. De l’umami en pagaille.  Des textures qui s’empilent, du spongieux-moelleux, du crémeux-salé, du ferme-fondant, et cette dernière couche de pain imbibée de sauce qu’on mange pas trop au fur et à mesure parce que les bouchées seraient trop grosses, mais qu’on grignote par gourmandise à la fin en prolongeant la conversation parce qu’il est trop merci, ce moment, pour en laisser un morceau si savoureux.

Dans le burger Veggie de Maison, le héros de l’histoire est une belle tranche de tofu marinée, parfumée, servie bien chaude et fondante, enrobée dans une panure absolument parfaite et croustillante. Sans lui voler la vedette, des champignons shiitake et des poids gourmands subliment le tofu (je vous jure qu’on peut sublimer du tofu), accompagnés par une belle sauce yakitori sucrée/salée qui n’est pas sans rappeler ce léger goût de cacahuète qu’on trouve dans la sauce du canard laqué, vous voyez ce que je veux dire ? Et là, coup de génie, barbotant tranquillement dans la sauce : des feuilles de shiso. Tout ce petit monde s’envoie une teuf dans une ambiance américano-nippone entre deux demi buns plutôt vaporeux, et le végétarien en quête de décadence se régale.

Et les crudités ? Parfumées, craquantes et gourmandes. J’ai quasiment pas eu besoin de lui voler des frites, le pauvre.

Voilà pour le déclic. Mais si vous revenez, je vous parlerai aussi du reste, promis.

Bisous,

Juliette

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